Présidentielle 2016 : la société civile se prononce sur le processus électoral

6 Feb
Les membres de la Plateforme au Chant d'Oiseau ce vendredi 5 février 2016

Les membres de la Plateforme au Chant d’Oiseau ce vendredi 5 février 2016

Ce vendredi 5 Février 2016 au Chant d’Oiseau de Cotonou, la Plateforme électorale des OSC du Bénin a tenu une conférence de presse pour donner son appréciation du processus électoral en cours au Bénin. Cette conférence entredans le cadre de son rôle de veille et de sensibilisation autour de la présidentielle du 28 février 2016.

La position de la plateforme sur la question des cartes d’électeur

La conférence de presse a abordé trois(3) principaux axes. Dès le départ, la question épineuse des cartes d’électeur a été abordée. Après un rappel des articles 154, 183, 185 et 219 du code électoral, Mme Idohou, présidente du RIFONGA a abordé le non-respect par le COS-LEPI de ces dispositions et le retard observé dans la distribution des cartes qui peut entraîner l’impossibilité pour les citoyens de faire des recours. Elle a insisté également sur le fait que la nouvelle carte doit être la seule et unique requise pour la présidentielle 2016 et  exhorté la CENA à travailler dans ce sens.

Mr Serge Prince Agbodjan s’est prononcé à sa suite pour recommander au nom de la plateforme que les cartes d’électeur soient retirées uniquement par leurs titulaires pour limiter les fraudes par retrait de cartes d’électeur et les votes par dérogation. Il préconise que les cartes non retirées à la fin de la distribution soient sécurisées par la CENA. Il invite par ailleurs les acteurs politiques à organiser une bonne observation du processus de distribution afin de limiter les fraudes et exhorte la population à aller retirer le plus tôt possible les cartes, seul passeport pour jouir de son droit au vote.

 

L’utilisation des moyens et attributs de l’Etat et la sécurisation du transport des documents électoraux

Me Huguette Bokpê Gnankadja a attiré l’attention de la presse sur l’utilisation par plusieurs candidats des moyens de l’Etat, une violation flagrante des articles 61 et 63 du code électoral. Elle invite les candidats à la présidentielle, responsables de ces actes, à respecter les lois électorales en vigueur au Bénin,  pays qu’ils aspirent diriger. Elle invite également les membres de la presse et la population en général à collecter les preuves de ces violations afin de porter plainte comme prévu à l’article 140.

 

Elle a ensuite exposé les problèmes de sécurité auxquels sont confrontés les membres des bureaux de vote de certaines localités pour acheminer les documents électoraux au point de centralisation comme prévu à l’article 103 du code. La CENA doit travailler à la sécurisation effective du transport de ces documents, a-t-elle recommandé.

Quid de la menace de fraude électorale ?

Sur cette question, Mr Martin Assogba, president de l’ONG Alcreer a fait le point sur la façon dont “les candidats violent violemment le code électoral”. Il a déploré la “débauche d’argent” organisée par certains candidats et la complicité silencieuse des médias sur le sujet.

 

Mr Gustave Assah complète en parlant des nombreuses déclarations sur un éventuel K.O. à venir et des rumeurs persistantes sur une série de tractations frauduleuses devant permettre ledit K.O. Il suggère que des dispositifs anti-fraude respectueux du code soient mis en place par les candidats dans les 13539 postes de vote du pays ainsi que ceux des 32 autres pays où les Béninois voteront.  

 

Du rôle des médias et des citoyens

Au cours de la séance de questions réponses qui a suivi les déclarations, la plateforme a rappelé que les médias sont partie intégrante de la Société Civile et aussi que les citoyens doivent agir pour lutter contre les violations et la fraude en dénonçant les contrevenants.

Le code électoral doit être vulgarisé et les citoyens doivent travailler à son respect et son application. Il s’agit en effet, a rappelé Mme Fatoumatou Batoko Zossou, d’aller aux élections dans les conditions optimales. “Notre objectif c’est de préserver la paix dans le pays. Nous ne pouvons peut-être pas empêcher un K.O. mais nous devons tous travailler à éviter le chaos”, a-t-elle conclu.

 

Yvonne Séhouéto

E-observateur

Point focal pour la Plateforme électorale des OSC du Bénin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *